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La fenaison, un pilier de l’élevage en 2026

06/05/2026

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Temps de lecture : 7 minutes

Clara Lemoine

Qu’est-ce que la fenaison ? Une définition précise et actuelle

La fenaison désigne le processus complet de récolte du foin, depuis la coupe de l’herbe jusqu’à son stockage. C’est une pratique agricole ancienne mais toujours vivante, qui permet de conserver une ressource essentielle pour l’alimentation des animaux d’élevage, notamment les bovins, ovins et équidés. Le mot « fenaison » dérive du latin fenum, qui signifie « foin », et s’est progressivement imposé pour désigner non seulement l’acte de couper l’herbe, mais aussi la période et le résultat de cette récolte.

Il est important de distinguer plusieurs termes souvent confondus : le fauchage correspond à la coupe initiale de l’herbe, le fanage à l’étape de séchage sur le sol, et la fenaison à l’ensemble du cycle. Cette nuance est cruciale pour comprendre que la réussite de la fenaison dépend autant du moment du fauchage que des conditions de séchage et de stockage.

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Champ de foin sous le soleil durant la période de fenaison

La fenaison se déroule généralement de mi-mai à fin juillet, selon les régions, les conditions climatiques et le type de culture. La première fenaison intervient souvent entre mi-mai et début juin, au moment où l’herbe atteint un stade végétatif optimal, juste avant la montaison. Ce moment est crucial : trop tôt, le rendement est faible; trop tard, la teneur en fibres augmente et la digestibilité diminue.

Certains agriculteurs pratiquent une deuxième fenaison en juillet, à condition que les pluies d’inter-saison aient permis une repousse suffisante. Cette deuxième coupe dépend fortement de l’ensoleillement, de l’humidité du sol et de la résistance des espèces présentes dans la prairie. Dans les zones plus sèches, cette deuxième fenaison peut être compromise par les périodes de sécheresse prolongée, un phénomène de plus en plus fréquent avec le changement climatique.

Les étapes incontournables de la fenaison

Le succès de la fenaison repose sur un enchaînement précis de quatre étapes : le fauchage, le fanage, l’andainage et la mise en balles. Chaque phase doit être réalisée dans des conditions météorologiques favorables pour garantir un foin de qualité, riche en nutriments et sans risque de moisissure.

Le fauchage s’effectue généralement après le passage de la brume matinale, lorsque l’herbe est redressée et que l’humidité de surface a disparu. Cela permet d’éviter de couper une herbe trop humide, ce qui compliquerait le séchage. Les machines utilisées sont la faucheuse ou la faucheuse conditionneuse, équipée d’un système qui fêle les tiges pour accélérer l’évaporation.

Le fanage suit immédiatement ou le lendemain, selon l’évolution de l’humidité. Son objectif est de réduire le taux d’eau du fourrage de 70 % à 15-20 %. Cette phase s’appuie sur l’ensoleillement et le vent.

Un foin trop humide en stockage peut fermenter et chauffer, entraînant la combure, un phénomène dangereux pouvant conduire à l’autocombustion.

L’andainage consiste à regrouper le foin en lignes continues pour faciliter la collecte. Cette opération se fait quand l’humidité est inférieure à 20 %, mais sans attendre que le foin soit trop sec, au risque de perdre des feuilles riches en protéines. Enfin, la mise en balles, carrées ou rondes, est réalisée avec une presse, puis le foin est stocké à l’abri, en grange ou sous bâche, pour préserver sa qualité tout au long de l’hiver.

Comment réussir une fenaison de qualité en 2026 ?

Réussir la fenaison en 2026 nécessite une combinaison de savoir-faire traditionnel et d’outils modernes. Suivre la météo locale grâce à des applications spécifiques ou des bulletins agricoles est devenu indispensable pour anticiper les fenêtres de beau temps. L’observation directe du stade végétatif de l’herbe reste toutefois la clé : il faut intervenir avant que les épis ne soient trop développés, afin de conserver un bon équilibre entre rendement et valeur alimentaire.

Le choix du matériel doit être adapté à la parcelle : pentes, taille des prairies, type de sol. Une faucheuse trop large sur un terrain inégal risque de toucher le sol et d’endommager les tiges. L’entretien du matériel avant la saison est également crucial : lames bien affûtées, roulements lubrifiés, vérification des capteurs.

En agriculture biologique, la fenaison prend encore plus d’importance, car elle repose sur des prairies diversifiées et une gestion naturelle des sols, sans engrais de synthèse.

optimisation du cycle de rotation des cultures

Le rôle du foin dans l’alimentation animale

Cheval mangeant du foin dans un râtelier en bois

Le foin joue un rôle central dans l’alimentation des ruminants et des équidés, notamment durant les périodes où l’herbe fraîche est indisponible. Il apporte des fibres essentielles pour la digestion, des protéines végétales et des vitamines, notamment la vitamine D, qui se conserve bien lors du séchage à l’air libre. Comparé à l’ensilage, le foin présente l’avantage d’un stockage plus simple, sans fermentation ni risque d’acidité excessive.

Cependant, le foin est moins juteux que l’ensilage, ce qui peut nécessiter un apport complémentaire en eau, surtout pour les animaux en production laitière. Il occupe aussi plus d’espace de stockage. La qualité du foin influe directement sur le bien-être des animaux : un foin moisi ou poussiéreux peut provoquer des troubles respiratoires ou digestifs.

En revanche, un foin parfumé, souple et de couleur verte à jaune pâle est signe d’une bonne récolte, appétent et nutritif.

Les éleveurs savent que le foin de première fenaison, récolté au printemps, est souvent plus riche en protéines, tandis que celui de la deuxième fenaison, plus abondant en fibres, convient mieux aux animaux en croissance ou à l’entretien.

Évolution des pratiques : de la tradition à l’agriculture moderne

Autrefois, la fenaison était un moment fort du calendrier agricole, marqué par le travail collectif. Les voisins s’entraidaient pour faucher, retourner et empiler le foin, souvent à la main ou avec des chars à bœufs. Aujourd’hui, la mécanisation a transformé ce processus : une seule personne peut gérer des dizaines d’hectares grâce à des machines performantes.

Pourtant, le savoir-faire humain reste irremplaçable, notamment dans la prise de décision sur le bon moment pour chaque étape.

Les exploitations familiales transmettent toujours ces connaissances de génération en génération, tout en intégrant des données numériques, des capteurs de teneur en humidité ou des prévisions météorologiques ultra-localisées. Cette combinaison de tradition et d’innovation permet de faire face aux aléas climatiques croissants tout en maintenant la qualité du fourrage.

Matériel indispensable pour une fenaison efficace

Le matériel moderne a révolutionné la fenaison, rendant le processus plus rapide, plus sûr et plus efficace. La faucheuse conditionneuse est devenue incontournable : elle coupe l’herbe tout en l’écrasant légèrement pour briser les tiges et accélérer le séchage. L’andaineur, quant à lui, permet de former des andains réguliers, facilitant le passage de la presse.

La presse à balles, qu’elle soit carrée ou ronde, compresse le foin pour optimiser le transport et le stockage. Les balles rondes sont souvent laissées à l’air libre sous bâche, tandis que les balles carrées sont généralement stockées en grange. Les remorques et les chargeurs télescopiques complètent la chaîne, permettant de déplacer les balles sans effort.

Un entretien rigoureux de ces machines avant la saison est essentiel. Les bonnes pratiques pour entretenir son matériel agricole

Questions fréquentes

Peut-on faire du foin en cas de pluie ?
Il est fortement déconseillé de commencer la fenaison sous la pluie ou avec un risque imminent. L’herbe humide ne sèche pas correctement, ce qui augmente le risque de moisissures et de fermentation. Si une averse survient après le fauchage, il faut attendre que l’herbe sèche à nouveau avant de poursuivre le fanage.

Quelle différence entre foin de première et deuxième fenaison ?
Le foin de première fenaison, récolté au printemps, est généralement plus riche en protéines et en digestibilité, car l’herbe est jeune. Le foin de deuxième fenaison, récolté en été, est plus fibreux, ce qui le rend adapté aux animaux en croissance ou aux besoins d’entretien.

Combien de temps faut-il entre le fauchage et le stockage ?
Cela dépend des conditions climatiques, mais en général, il faut compter entre 2 et 4 jours. Le fanage dure 1 à 2 jours, suivi de l’andainage et de la mise en balles. L’essentiel est d’attendre que l’humidité du foin soit inférieure à 20 % avant le pressage.

Le foin peut-il moisir en grange ?
Oui, si le foin est trop humide au moment du stockage. L’humidité résiduelle peut provoquer une fermentation interne, conduisant à la combure. Il est donc crucial de bien sécher le foin et de bien aérer la grange.

Est-il possible de faire de la fenaison en agriculture bio ?
Absolument. L’agriculture biologique repose sur des prairies permanentes ou temporaires, riches en diversité botanique. La fenaison est une pratique naturelle, sans recours à des produits chimiques.

Les éleveurs bio privilégient des semences adaptées et des rotations culturales pour maintenir la fertilité des sols.